Mardi 9h52 | Quand les mots refusent de se mettre en rang…

J’essaye d’écrire cet article depuis hier soir, mais rien à faire, je n’y arrive pas.

Je suis allée me coucher en me disant que ça irait mieux aujourd’hui, une fois que j’aurais calmé tout ce remue ménage dans ma tête , et ce matin, pendant un moment j’ai cru que ça avait marché.

Mais non. C’est un tel bazar  que les mots ne veulent pas sortir !


Blogging  | Un peu d’inspiration 

Ce blues de l’écriture (ou blues tout court d’ailleurs ?) m’a rappelé quelques articles que j’ai lu tout récemment, en traînant sur la blogosphère.

Il y a celui de Saba, qui nous confie humblement son désir d’écrire pour son plaisir, tout simplement, de blogger sans contrainte, de ne pas forcer les mots à sortir pour le simple fait de pondre un article régulièrement.

Et puis il y a celui de Foxy Evie , où elle parle avec justesse de ce besoin « d’écoper » ses pensées par écrit pour soulager un peu la pression d’un mental trop envahissant.

Une idée qui résonne tout à fait avec mon propre besoin de classer tous mes souvenirs hors de ma tête, pour enfin faire avoir place d’y caser mes nouvelles aspirations d’aujourd’hui.

Et puis pour finir il y a celui de Paul, où il nous encourage à partager un petit morceau de nous, de notre unicité à travers nos articles.

L’auteur explique que pour lui parler avec son cœur, de façon plus spontanée, a finit pas prendre le pas sur sa volonté d’écrire un texte« parfait » à ses yeux.

Il a laissé derrière cette habitude de passer trop de temps sur les corrections de ses articles à la recherche de LA phrase, embrassant un discours plus direct et sincère, ses lecteurs n’en sont devenus que plus fidèles.

(Il s’agit d’un bloggeur américain alors c’est en anglais, mais si la langue de Shakespeare ne vous rebut pas je vous conseille ce blog, ces articles sont à mourir de rire !)

Alors avec tout ça en tête, je me dis que ce n’est pas bien grave si tout ne s’articule pas comme sur des roulettes pour cet article, si les mots ont du mal à sortir et si c’est maladroit, tant que ça reste sincère.


Là, tout de suite, j’aimerais juste pouvoir retourner mon cerveau comme un sac à patate et tout vider sur la table pour y voir plus clair.

Je sens les angoisses qui remontent…C’est désagréable, ça m’envahit le cerveau comme une armée de fourmis, et mon attention est balloté dans tous les sens comme une bille de pinball, impossible d’aligner un mot devant l’autre.

Hypersensible comme je suis et encline à psychoter pour le moindre petit souci de la vie quotidienne, ce coup de blues pourrait prendre des proportions gargantuesques et finir en orgie de tablettes de chocolat anti-idées noir si je ne fais pas attention.

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Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, Jean-Pierre Jeunet

Hors de question que ça arrive ! Tami 2.0 n’est pas du genre à reculer devant le premier obstacle, non mais !

Bon, je vais essayer de mettre toute cette matière à plat…parceque je veux vraiment écrire cet article, et mettre ce blue à la porte !

Commençons par le commencement…


Dimanche | Écart de conduite

Je passe ma matinée à écrire, corriger, réécrire du texte pour mon histoire courte/nouvelle. C’est dur, j’avance à la vitesse d’un escargot mais je vois les progrès.

3808 mots….ouaip, lentement mais sûrement, c’est ma devise ! N’oubliez pas je suis une tortue…

Je vois les heures défiler,  j’aimerais bien aller marcher et prendre un peu l’air quand même, j’ai les gambettes qui fourmillent d’impatience.

Pour changer des bords de Marne, je décide de prendre le RER pour sortir sur Paris, dans un autre de mes endroit préféré, le parc de Bercy , puis après, la  grande terrasse de la bibliothèque François Mitterand.

Et si vous connaissez un peu le coin, vous savez sûrement qu’au bout du parc, sur le court St Emilion se trouve un Cinéma UGC.

Aaaaaah si vous saviez le nombre d’heures que j’ai pu passer dans ces salles à m’enfiler des blockbusters et autres films à gros budgets, à m’exploser les rétines et les oreilles devant les écrans géants !

J’adooooooore le cinéma, vraiment j’ADORE ça ! Avec Louis, on y allait pratiquement toutes les semaines pour se gaver de films (plus ou moins bons.)

Evidemment, maintenant que je vie seule et que mon budget a drastiquement diminué, si je veux voir un film ça se passe sur internet ou netflix.

(le premier mois d’essais est gratuit héhé ! je dis ça je dis rien…)

Du coup ça fait  bien deux ou trois mois que je n’avais pas mis les pieds dans un cinéma, et pour être honnête ça m’a moins manqué que ce que j’aurais cru.

 (et mon compte en banque ne s’en porte que mieux, car même si j’ai encore la chance de bénéficier de tarifs réduits ça reste toujours cher).

C’est toujours cette histoire de fond et de forme.

Un bon film, qu’il soit vu sur un écran de téléphone ou sur un écran géant dans une salle tout confort sera toujours un bon film de toute façon.

L’inverse en revanche…c’est le pire je dirais.

(ça vous ruine quelques heures de votre vie, vous laisse un amer goût de déception dans la bouche, et vous dépouille de la modique somme de sept euros, pour les plus chanceux !)

Et puis, il y a plus de choix en ligne(ou sur Netflix) qu’au cinéma, et cela m’a permis de découvrir des films vraiment chouette que je ne serais sans doute jamais allé voir sinon.

Bêtement, ces dernières années, j’avais fini par associer la grande salle noire au divertissement pur, remisant mon cerveau dans ma poche dès qu’il s’agissait de films…

C’est pareil que la nourriture en fait, on est ce qu’on mange.

Notre cerveau aussi a besoin d’une alimentation variée !

le cinéma c’était pour « passer un bon moment de détente » et franchement qu’est-ce qu’il a de détendu dans le fait d’aller voir un film d’auteur qui taquine nos sujets tabous et où l’on est pratiquement certain de verser une larme ou deux à la fin, voir de remettre sa vie en question? Des fois que ça m’aurait fait réfléchir(…avec ironie).

Voilà, je ne sais plus trop comment je suis devenue blockbusterovore…heureusement il n’est jamais trop tard pour prendre de nouvelles habitudes !

Oui oui je pense que vous voyez où je veux en venir avec cette brève rétrospective sur mes vieilles habitudes cinéphiles sélectives.

Aujourd’hui, dans un moment de faiblesse j’ai replongé…

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Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, Jean-Pierre Jeunet

Est-ce la nostalgie des grandes salles sombres aux sièges moelleux qui a finit par avoir raison de ma détermination à prendre un bain de soleil aujourd’hui ? où  est donc passée ma motivation à prendre soin de moi ?

A moins que ça ne soit l’appel du petit ticket rouges estampillé du logo UGC, tout juste imprimé par la borne et encore tiède ? ou l’enivrant fumet des pop-corns chauds qui dansent la salsa du démon derrière la vitrine ?

Bref, je succombe à la tentation et passe le reste de ma soirée, enfermée au cinéma à regarder un blockbuster, qui , sans grande surprise, n’en est pas une.

Je rentre à plus de minuit(le film a duré deux heures + les pubs + les bandes annonces…), ce qui en soi ne serait pas un problème si je ne devais pas me lever super tôt le lendemain pour aller bosser….et en prime je passe bien trois quart d’heure à attendre mon bus, seule, dans le noir.

Heureusement que j’ai emmené ma tablette ! je peux lire pour passer le temps, tout en essayant de ne pas flipper au moindre bruit dans la rue.

Le soir, enfin au lit  je m’interroge: «  mais pourquoi est-ce que j’ai fait ça ?! j’en avais même pas vraiment envie de voir ce film ! »

Pendant une minute je suis repassé à la Tami version antérieure, celle qui se faisait exploser le cervelet à coup de séries pour faire taire ses angoisses et oublier toute sa frustration

Alors que pourtant j’en avais bien besoin de ces quelques heures au calme, les fesses posées sur les marches en bois tiède de l’immense terrasse de la bibliothèque

J’avais besoin de  prendre du temps de mettre un peu d’ordre dans mes idées et réfléchir à ces angoisses qui repointent le bout de leur nez, pas de me mettre la tête dans le sable comme je l’aurais fait avant.

Je l’avoue sans honte, c’est parfois tellement plus dur de faire ce qui est bon pour moi que de me divertir, tellement plus simple de me gaver de tous ces plaisirs superficiels pour me sentir mieux, même si c’est juste pour une heure.

Tout est/était bon pour ne pas me retrouver seule avec moi-même.

Je crois que je m’en veux un peu d’être retombé, le temps d’une soirée dans mes vieux travers.

C’est comme si je m’étais retrouvée frappée d’amnésie que j’avais soudainement oublié pourquoi est-ce que ces nouvelles habitudes que j’ai prises, ce « nouveau départ » sont si important pour moi.

Passons, pas la peine de se culpabiliser, je n’ai jamais dit que ça serait facile de changer.

Je vais être gentille avec moi et de me dire que Rome ne s’est pas faite en un jour. Changer vingt-cinq années de mauvaises habitudes et de réactions automatiques en un tour de main, ça marche uniquement en théorie.

En pratique ça prends plus de temps, visiblement.

Mais bon, va falloir que je sois plus vigilante à l’avenir.


Lundi | deuxième chance

Par chance je me réveille pas trop fatiguée après ma décevante escapade d’hier soir, alerte pour attaquer ma journée de boulot.

Aujourd’hui je finie à dix-sept heure et quand j’émerge enfin du magasin, surprise ! dehors c’est grand soleil et ciel bleu.

CETTE FOIS je suis bien décidée à m’accorder « mon temps de soleil » ! Le karma est de mon côté , c’est ma seconde chance de me faire du bien et de me vider la tête, je compte bien la saisir.

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Pride and Prejudice, Joe Wright

Bon, une petite pointe de culpabilité me chatouille quand même l’estomac car je me dis qu’il faudrait aussi que je commence l’écriture de cet article….c’est à dire poser mes fesses au calme devant mon clavier, à la maison.

Oui oui, je sais ce que j’ai dit plus haut : « écrire avec son cœur c’est important, ne pas se forcer » mais là, j’en profite pour rajouter un peu de nuance car j’aimerais aussi prendre l’habitude d’écrire le plus régulièrement possible.

(parce que pour prendre des nouvelles habitudes il n’y a pas trente-six milles façon de le faire…à part le faire et le refaire, avec consistance et pendant longtemps)

Parcequ’au fond j’ai cette peur un peu bête de me lasser ou d’abandonner, comme je l’ai fait avec beaucoup d’autres projets qui me tenaient à cœurs, si je laisse trop de temps passer…

Etant une personne très lunatique, j’ai souvent tendance à papillonner. Mais non, pas cette fois, ça n’arrivera pas, j’aime trop ça !


Petite parenthèse pour hisser les couleurs !

Sur ce blog je serais honnête, sans peurs, confiante, j’écrirais avec mon coeur ET je posterais régulièrement du contenu sincère, même si c’est simplement pour vous dire que l’inspiration me fait défaut !

(et BIM avec ça sur ma checklist, j’ai de quoi faire !)


Nous voilà donc en route pour Bercy, moi et ma petite pointe du culpabilité, bien résolus ce coup ci à prendre le soleil de fin d’aprèm(mon préféré !).

Je me dis que si une idée pour un futur article pope en cours de route, ou si la culpabilité de ne pas être devant mon pc en train d’écrire est trop grande(non non, je n’en fais trop du touuuuuut…) j’utiliserais mon bon vieux carnet et un stylo bic…Pas d’excuses pour rester enfermée derrière l’ordi.

Seul point noir au tableau, j’ai faim.

Pourtant il n’est que dix-huit heures, mais tous ces piétinements à travers le magasin m’ont donné les crocs.

Je me vois mal attendre jusqu’à ce soir tard pour faire le plein de nourriture, surtout si je vais marcher dans le parc et suer un peu…bon je vais devoir ouvrir le portemonnaie et m’acheter un en cas.

Evidemment Macdo est proscrit, mais il y a une chaine O’Tacos qui vient d’ouvrir dans la galerie commerciale où je bosse.

Allez, me dis-je, de la viande dans une galette avec probablement quelques crudités et un peu de sauce piquante ça ne constitue définitivement pas une entorse à ton régime.

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Limitless, Neil Burger

Pensez-vous !

J’aurais mieux fait d’aller m’acheter une cagette de pommes à Auchan !

Il y a a des patates dans mon tacos ! des PATATES( l’aliment que j’évite par excellence) et la viande hachée baigne dans un sauce douceâtre au goût industriel.

(franchement qui irait mettre des patates dans une galette ? c’est comme la pizza savoyarde ça ! je ne comprendrais jamais…)

Ça n’est pas bon, mais alors pas bon du tout.

Evidemment, je suppose que ça ne surprend que moi…

Et pas une feuille de salade à l’horizon, la prochaine fois je lirais les menus avec plus d’attention !

Mieux, la prochaine fois je me ferais un sandwich ! Ah non mais qu’elle nouille aussi, je me demande bien à quoi je m’attendais.

Breeeeeef, comme le cinéma de la vieille, j’ai vite regretté mon petit écart alimentaire…qui s’est finalement soldé par une sieste à l’ombre de vingt minutes, le temps que mon estomac surchargé se tasse un peu.

(Bon je l’admets, la partie farniente au soleil c’était cool…)

Heureusement, une fois remise de mon repas je passe comme prévu le reste de la soirée à marcher et à remplir mon carnet de croquis, le dos au soleil, en profitant de la vue. C’est parfait.

Sur le chemin du retour je suis tellement survoltée et pleine d’énergie que je pourrais facilement me mettre a danser  au milieu de la rue si l’on m’encourageait un peu ! Me voilà reboostée pour la semaine !

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The sweetest thing, Roger Kumble

Motivation | Apprendre de ses erreurs ?

Ce que j’ai retenu de tout ça( et lu aussi , pour enfoncer le clou ) : ça n’est pas dramatique de replonger de temps en temps tant que le ratio bonne habitudes VS mauvais habitudes reste en faveur de ce qui est bon pour moi.

Au lieu de culpabiliser, c’est plus productif de voir ça comme l’occasion de se rappeler pourquoi j’ai voulu laisser de côté ces vieilles habitudes en premier lieu.

Une petite rechute ça peut parfois vous conforter dans le changement, ça ne veut absolument pas dire vous allez échouer toutes les autres fois.

Personnellement, j’essaye d’appliquer le plus scrupuleusement possible la règle « apprendre de ses échecs ».

( ben oui ils faut bien qu’ils servent à quelque choses…)

(et oui je vous vois venir avec vos gros sabots, je suis encore -trèèèèèès- loin « d’appliquer scrupuleusement » mais j’essaie, je vous jure !)

Admettons-le, se construire un mental d’acier pour pouvoir enfin être droite dans ses bottines,  c’est un travail de longue haleine doublé d’un chemin semé d’embûches.

(de blockbusters, de tablettes de chocolats, de beurre de cacahuètes…je vais pas vous faire tout la liste vous voyer l’idée !)

Mais qui n’a jamais aimé un bon défi à relever hein ?


Mardi | Collision imminente

Voilà on  a tous nos moments de faiblesse et moi je suis en plein dedans ces derniers jours.

Il faut dire aussi que je me suis rajouter une couche de « matière à penser » recemment.

Si vous me lisez depuis le début vous savez surement que ces derniers mois je les ai passé à me concentrer sur

> prendre soin de mon corps (sport + nourriture saine)

> découvrir comment je veux vivre ma vie (oui  oui je sais dis comme ça c’est un peu vague et mystique, mais on y vient petit à petit hein, chaque chose en son temps !)

> dessiner pour mon expo de l’année prochaine

> écrire pour ce blog

> poursuivre mes projets d’histoires pour enfants avec Nomy

 > écrire mon histoire courte/nouvelle

> être indépendante et couper le cordon avec mes parents et Louis.

Ouaip c’est déjà pas mal…Et pour faire ça j’ai eu besoin de me couper de tout le monde, d’être seule.

Parce que tout ces gens que je cotoie/côtoyais sont rattachés, d’une certaine manière à la Tami d’avant.

Et là, ce dimanche, j’ai décidé, après deux mois de silence radio de reprendre contact avec mes amis artistes sur Paris. Un en particulier, Matthieu.

(Ne cherchez pas plus loin pourquoi je me suis sentie angoissée et j’ai commencé à faire n’importe quoi…les vieilles idées noires remontent, c’est la collision des mondes, l’ancien et le nouveau…)


Saut de puce  |Mon petit monde de l’art

Matthieu et moi nous sommes rencontré l’année dernière via les cours en ligne que nous prenions. Le contact est tout de suite bien passé.

Nous avions tous les deux besoin de motivation, d’être entouré d’autres artistes, d’émulations…Alors tout les dimanches (sans exception !)nous nous retrouvions dans un lieu parisien pour passer l’aprem à dessiner et discuter, souvent nous n’étions que tout les deux, puis petit à petit d’autres artistes se sont joint à nous.

J’ai pu rencontrer pleins de gens sympathiques, hyper enthousiastes à propos de mon travail. Moi qui me croyais nulle, pas assez bien, incapable, j’ai eu l’occasion de voir mes dessins par leur yeux et ça m’a souvent remonté le moral.

Cette rencontre a changé ma vie, m’offrant une bouffée d’oxygène au moment où je me noyais.

Avec Matthieu, on pouvait parler artistes, dessin, ou philosopher pendant des heures sans se lasser. Nous avions des discussions complexes, prenantes, on s’échauffait le cerveau et échangions nos points de vues sur le monde au rythme d’un match de ping pong.

J’étais euphorique de pouvoir jouer ces matchs avec lui, euphorique de découvrir qu’il existait des gens, qui comme moi, pensent qu’avoir des discussions profondes au petit dèj ça n’est absolument pas un problème.

Avec Louis je n’ai jamais connu ce genre d’échanges aussi riches et rebondissants…et en faisant l’expérience de ces conversations avec Matthieu je me suis rendue compte que ça me manquait.

Louis me renvoyait souvent l’impression (bien malgré lui car il n’a jamais été méchant vis à vis de moi )d’être envahissante, chiante ou bizarre, ou différente à cause de toutes mes théories et réflexions sur le sens de la vie…

Avec Matthieu je ne me suis jamais senti comme ça.

Les dimanches soirs, j’étais toujours un peu triste de devoir rentrer et laisser cette ivresse du partage derrière moi.

Mais toutes ces belles rencontres que j’ai faites sont rangées sous le signe du travail, du dessin, de cette soif de devenir meilleure, de ne jamais, JAMAIS abandonner son rêve, d’avancer coûte que coûte.

A cette époque on pouvait difficilement trouvé plus engagée que moi dans cette quête, j’étais complètement ACCRO. J’étais l’incarnation de l’expression « travailler dur ».

Et en écrivant ça je me rends compte que je me suis coupée de ce petit monde là car j’ai eu peur que mes camarades ne comprennent pas ma décision et qu’ils me jugent lâche, moi qui ai si drastiquement retournée ma chemise.

Qu’ils ne comprennent pas pourquoi je suis soudainement passée de la vitesse de la lumière au rythme lent d’une tortue, en quelques mois seulement.

Mais cette confiance en moi, que j’ai durement acquis ces derniers mois me rappelle que je n’ai à me justifier auprès de personne d’autre que moi de ce revirement.

Alors c’est quand même avec une inévitable pointe d’anxiété que j’attends  de revoir Matthieu et les autres, de retrouver cette émulation autour de l’art et nos interminables conversations, en espérant qu’ils ne me jugeront pas trop sévèrement.


Mercredi |Idées noires ou mélancolie ?

Ca y est je crois que j’ai réussi à y voir plus clair finalement.

Je réalise que tout ça vient d’un seul endroit,  je crois que je commence à me sentir seule.

Seule comme dans : je ressens un manque de chaleur humaine et le réconfort apporté par un être cher…

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Wild, Jean Marc Vallée

Et c’est véritablement la première fois que je ressens un sentiment aussi fort, ce qui me laisse perplexe car je suis exactement où je veux être et je ne regrette aucunes des décisions que j’ai prise pour en arriver là.

Mais après tout je suis juste humaine, et c’est la première fois que je suis réellement aussi éloignée de tout le monde.

(plus de meilleur ami, plus d’amoureux, plus de petite sœur, plus de parents et pas d’amis proches…

Oui car je qualifierais définitivement Matthieu et les autres de collègues plus que d’amis, il y a cet étrange « distance » entre nous, finalement nous ne sommes pas si proches que ça malgré toutes nos conversations…mais ça sera pour un autre article).

Me voilà lâchée dans le grand océan sans papa-maman, avec tout le package de la célibataire ! Et quelque part, je suppose qu’il est temps que je sache ce que ça fait, d’être seule. 

C’est curieux car c’est un sentiment qui est loin d’être agréable, mais petit à petit, en y réfléchissant j’en viens à l’apprécier car j’ai enfin l’impression de faire les choses dans l’ordre.

Je vais pouvoir profiter des joies et des peines d’une vie d’indépendance, mais surtout prendre la mesure de mes besoins réels en terme de relations !

Car ressentir ce sentiment, presque physique de « manque(?) » me fait reconsidérer l’état de mes contacts volontairement « éloignées » avec ma famille(mais je garde ça pour un autre post !)

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Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, Jean-Pierre Jeunet

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5 commentaires sur “Mardi 9h52 | Quand les mots refusent de se mettre en rang…

  1. Déjà, comme tu l’as dit : ne jamais s’auto-flageller de retomber dans ses travers ! Tu as raison de souligner que tout se fait graduellement, rien n’est linéaire.
    Quand tu dis « je suis hypersensible » « je suis angoissée » etc… sache que ces qualificatifs ne te déterminent pas. Ils existent pour des raisons précises et c’est important de réfléchir non par sur les causes mais sur les réactions qui les entourent. Par exemple, à une dame qui m’a agressée verbalement récemment, même si je me suis améliorée, je n’ai pas pu m’empêcher de lui répondre. Je ne me suis pas dit « je suis impulsive » etc.. Je me suis dit : « comment faire et agir la prochaine fois que çà arrive ». Voilà, c’est la clé du développement personnel, un peu comme à une préparation d’embauche. On s’évalue en vue d’améliorations . A force, cela permet d’évoluer. De mon sens, on perd trop de temps à réfléchir freudiennement comme je le dis 🙂
    Et là je vais faire ma chieuse : manger des merdes type tacos du coin n’aidera pas ton métabolisme à trouver un équilibre c’est certain. On s’empoisonne littéralement ainsi. Mon fils et moi avons guéri de mille maux en changeant complètement notre alimentation. Et crois-moi, aujourd’hui, je ne peux plus revenir en arrière 🙂 tout le monde croit que je me prive alors que je préfère me contenter d’un jus d’orange pressé le matin que de m’abreuver de coca la journée.
    Tu l’auras compris : le maître mot est « indulgence » sur son chemin 🙂 Rome ne s’est pas fait en un jour 🙂 Beau week end à toi
    Merci pour les liens de blogs, je vais aller les lire 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. « réfléchir non par sur les causes mais sur les réactions qui les entourent » Oui tu as bien raison la dessus je te rejoins complètement !

      Ta « reflexion freudienne » égale mon « psychotage » j’ai l’impression, et effectivement on perd bien trop de temps à être enfermé dans sa tête plutôt qu’à acter pour le changement.

      alala quel enrichissant chemin à parcourir, ça me rappel quand on dit,  » c’est le voyage qui compte, pas la destination ». Il y a tellement de choses à apprendre et à partager quand on se lance dans le développement personnel, c’est fastidieux mais fascinant, comme une bonne chasse au trésor 😀

      Une très bonne lecture à toi, et un bon début de semaine, et puis un grand merci pour ce commentaire encourageant 🙂

      Aimé par 1 personne

      1. Oui, c’est merveilleux quand on est sur le chemin du développement personnel : le voyage vers la connaissance de soi qui n’en finit pas est exaltant 🙂 Pour ma réflexion sur la psychanalyse, je n’ai rien contre, elle fut utile à découvrir les raisons de tel ou tel comportement (Françoise Dolto a énormément contribué à la compréhension psychique chez un nourrisson) et lorsqu’on est démuni, le déballage du coeur est une première étape. Il faut comme tu le dis à un moment donné « agir ». En tout premier lieu faire acte de résilience comme le dit si bien mon cher Cyrulnik. Bon, j’avoue, je n’aime pas beaucoup Freud, il a déformé énormément de visions psychiatriques trop axées sur la névrose sexuelle de mon sens. Quand on connaît sa vie de couple des plus frustrantes, on se pose des questions quant à la recevabilité de ses études. Mais bon, je ne maîtrise pas le sujet, je ne veux pas faire de psychologie de bas étage 🙂 De nos jours, là où il faut être extrêmement méfiant, ce n’est pas envers la psychanalyse mais les réels besoins psychiatriques en termes de pharmacopée. Trop de gens prennent des anti-dépresseurs et en sont piégés. Ce sont de vrais poisons, prescrits par des gens qui ont des accords avec les lobbys pharmaceutiques. Ce sujet là me met en colère, de cette colère qui me pousse souvent à en parler respectueusement aux gens qui en sont dépendants, et ils sont pléthores. Une dame que je croisais lors de mes promenades du chien m’avait avoué être complètement dépendante de çà. Je lui avais parlé de mes avis avec respect. Quelques mois plus tard, alors que je la trouvais rayonnante, elle m’a dit avoir arrêté progressivement les médocs ! Bref, je digresse, mais plus que la psychanalyse, c’est ce sujet qui me « fâche » car on empoisonne les gens qui du coup subissent les effets secondaires (qui sont souvent les envies suicidaires paradoxalement). Bref… En tout cas, merci à toi d’accueillir mes réflexions avec autant de bienveillance. A ton âge, j’étais loin de ce chemin bienveillant envers moi-même, tu es sur une belle voie, mais les artistes ont toujours ce don inné pour la beauté de l’âme 🙂 Bonne semaine à toi aussi, encore deux semaines de vacances pour moi, j’en profite pour faire ce que j’aime sans culpabilités (donc écrire), après, j’aurais beaucoup moins le temps. Bonne journée 🙂

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  2. Je n’avais pas encore pu prendre le temps de lire ton article, voilà chose faite et j’en suis totalement ravie d’avoir pris ces quelques minutes.. J’aime ton sens de l’écriture, j’aime sentir que c’est vraiment toi à travers tes mots même si on se connait pas. Je te lirais pour la suite avec grand plaisir ! Un bon début de semaine à toi, continue sur ta lancée, c’est beau de te lire et de te voir évoluer ! Bises Foxy 🙂

    PS: merci de m’avoir cité, ça m’a beaucoup touché !

    Aimé par 1 personne

    1. Un grand merci Foxy pour ton commentaire super motivant et encourageant qui m’a fait bien plaisir 😀

      Oui pour ce blog j’avais envie de parler avec mon coeur et sans barrières, ce qui est encore loin d’être le cas dans la vie réelle hélàs (mais j’y travaille ! et vos commentaires positifs m’aident beaucoup 😀 ) ça n’est pas facile car même avec l’anonymat j’ai toujours ce petit reliquat de peur d’être jugée par l’autre…alors tes encouragements et ta sincérité me touchent beaucoup !

      Je te souhaite un très bon début de semaine à toi aussi et bonne écriture pour tes histoires 🙂

      PS: ah tout l’honneur est pour moi, tes mots sonnent juste et je suis sûre qu’ils inspireront pleins d’autres bloggeurs également 😉

      Aimé par 1 personne

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